Angela Merkel appelle à redoubler d’efforts pour limiter le réchauffement climatique

COP23 Agrandir l'image La Chancelière Angela Merkel accompagnée du Président de la France Emmanuel Macron (© picture alliance/dpa) À deux jours de la fin de la COP23, la chancelière Angela Merkel a exhorté mercredi la communauté internationale à redoubler d’efforts pour protéger le climat. C’est une « question cruciale » pour le monde, a-t-elle souligné alors que les États-Unis viennent d’annoncer leur retrait de l’Accord de Paris. À ses côtés, les présidents français, Emmanuel Macron, et allemand, Frank-Walter Steinmeier, ont souligné, eux aussi, qu’il y avait « urgence » à agir.

L’Accord de Paris, signé fin 2015 et ratifié par 168 pays, vise à limiter à 2°C, voire 1,5 C l’élévation de la température mondiale par rapport à l’ère préindustrielle. L’un des enjeux de la COP23 de Bonn est d’élaborer des directives pour améliorer la lisibilité des objectifs nationaux des pays signataires en vue d’adopter un règlement commun. Il s’agit également de d’inciter les États signataires à consentir des efforts accrus pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. En effet, la somme des promesses inscrites jusqu’à présent dans l’Accord de Paris ne suffit pas à maintenir le réchauffement sous la barre des 2°C.

Nous sommes face à l’un des principaux défis, voire face au défi central de l’humanité », a martelé la chancelière aux côtés du président français. De notre réponse dépendra « notre bien-être à tous », mais aussi notre « prospérité future ». Par conséquent, « nous avons besoin d’un ensemble de règles. C’est une question de confiance et de fiabilité ». « Notre message commun est le suivant : nous voulons protéger notre monde ».

L’UE aux avant-postes

Angela Merkel l’a rappelé, l’Union européenne (UE) montre l’exemple. Elle s’est dotée d’un objectif ambitieux et « contraignant » : réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40 % d’ici à 2030 par rapport à 1990. « Chaque État membre doit apporter sa contribution », a souligné la chancelière.

De plus, l’UE vient de décider de retirer du marché des permis d’émission sur le marché européen du CO2. Cela devrait accroître le prix du carbone et créer un signal-prix plus efficace pour inciter les entreprises à adopter des modes de production plus propres.

Ambition et débat en Allemagne

Unterirdische CO2-Speicherung Agrandir l'image (© picture alliance / dpa) En ce qui concerne l’Allemagne, Angela Merkel a rappelé qu’elle s’était dotée d’une stratégie ambitieuse. Son Plan de protection de climat à l’horizon 2050 (Klimaschutzplan 2050) prévoit une réduction des émissions allemandes de CO2 de 80 % à 95 % d’ici au milieu du siècle. « La prochaine étape va être de le mettre en œuvre », a dit la chancelière.

Une question suscite particulièrement le débat en Allemagne : celle des modalités de la sortie du charbon. « Elle est au centre des discussions en vue de former une nouvelle coalition », a déclaré Angela Merkel alors qu’il apparaît désormais que l’Allemagne n’atteindra son objectif de réduction des émissions en 2020. Il y a d’un côté la nécessité de respecter les engagements pris, de l’autre les aspects économiques et sociaux du problème, a expliqué Angela Merkel. Bref, il existe dans la société des conflits importants qu’il « nous faut résoudre de manière raisonnée et fiable ».

La chancelière a toutefois souligné les opportunités nouvelles qu’offre la transition énergétique sur le plan de l’innovation et de la croissance. « Nous en sommes convaincus, la politique en faveur du climat est aussi une politique économique tournée vers l’avenir », a-t-elle dit.

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